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Qu'est-ce que le risque de séquence des rendements ?

Le risque de séquence des rendements est le risque que l'ordre dans lequel surviennent les rendements — et non leur moyenne — détermine le résultat d'un plan. Il n'a aucun effet lorsqu'aucun flux n'entre ni ne sort. Il devient décisif dès que l'on retire régulièrement de l'argent, c'est-à-dire à la retraite.

La raison est mécanique : retirer un montant fixe d'un portefeuille qui a baissé consomme une proportion plus grande du capital, et les parts vendues à bas prix ne participent pas au rebond.

La démonstration

Sans flux, l'ordre est indifférent, car la multiplication est commutative :

Vn=V0t=1n(1+rt)V_n = V_0 \prod_{t=1}^{n} (1 + r_t)

Avec des retraits WW, chaque terme dépend de ce qui reste :

Vt+1=(VtW)(1+rt+1)V_{t+1} = \left( V_t - W \right)(1 + r_{t+1})

L'ordre cesse alors d'être neutre.

Un exemple chiffré

Deux retraités partent avec 500 000 € et retirent 25 000 € par an. Les deux connaissent exactement les mêmes rendements, dans un ordre inversé : trois années à −15% et trois années à +20%, répétées sur 18 ans.

AprèsMauvaises années d'abordBonnes années d'abord
6 ans348 000 €566 000 €
12 ans205 000 €636 000 €
18 ansépuisé702 000 €

Même rendement moyen, même retrait, même durée, résultats opposés. Le premier retraité épuise son capital ; le second finit avec plus qu'au départ.

L'écart vient des premières années : retirer 25 000 € d'un portefeuille tombé à 425 000 € consomme 5,9% du capital, contre 4,2% s'il avait progressé à 600 000 €. Le capital réduit ne profite ensuite que partiellement des bonnes années.

La phase d'accumulation

L'effet est inversé pendant la phase d'épargne : un investisseur qui verse régulièrement bénéficie de mauvais rendements au début, puisqu'il achète alors à bas prix. La séquence favorable, pour lui, est celle qui commence mal et finit bien.

C'est pourquoi le risque de séquence est avant tout un problème de fin de parcours et de début de retraite — les cinq à dix années entourant le premier retrait.

Comment le limiter

  • Réduire le risque à l'approche des retraits, puis le laisser remonter ensuite. C'est la logique du « glidepath » en U.
  • Constituer une réserve de liquidités couvrant deux à trois ans de retraits, pour ne pas vendre d'actions après une baisse.
  • Rendre les retraits flexibles. Réduire les dépenses de 10% pendant une mauvaise année améliore considérablement la survie du capital.
  • Utiliser des règles de retrait dynamiques, plafonnant la hausse et permettant une baisse selon la performance.
  • Sécuriser les dépenses essentielles par des revenus garantis — pension, rente — pour que seules les dépenses discrétionnaires dépendent du marché.

Points de vigilance

  • Une moyenne de rendement ne dit rien du risque de séquence. Deux plans identiques en moyenne peuvent l'un survivre et l'autre échouer.
  • C'est le principal argument en faveur des simulations de Monte Carlo et des tests sur données historiques plutôt que d'une projection à taux constant.

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