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Qu'est-ce que le portefeuille 60/40 ?

Le portefeuille 60/40 place 60% de sa valeur en actions et 40% en obligations. C'est l'allocation équilibrée de référence depuis des décennies : assez d'actions pour faire croître le capital, assez d'obligations pour amortir les chocs et fournir du revenu.

Sa longévité tient à un constat empirique : historiquement, actions et obligations d'État se sont peu, voire négativement, comportées ensemble. Quand les actions chutaient dans une récession, les taux baissaient et les obligations montaient.

Son profil de risque

Avec des hypothèses de 7% de rendement et 16% de volatilité pour les actions, 3% et 5% pour les obligations, et une corrélation de 0,2 :

E(rp)=0,6×7%+0,4×3%=5,4%E(r_p) = 0{,}6 \times 7\% + 0{,}4 \times 3\% = 5{,}4\% σp=0,62×0,162+0,42×0,052+2×0,6×0,4×0,2×0,16×0,0510,3%\sigma_p = \sqrt{0{,}6^2 \times 0{,}16^2 + 0{,}4^2 \times 0{,}05^2 + 2 \times 0{,}6 \times 0{,}4 \times 0{,}2 \times 0{,}16 \times 0{,}05} \approx 10{,}3\%

Comparé à un portefeuille 100% actions, il abandonne 1,6 point de rendement attendu et retire près de 6 points de volatilité — un échange que beaucoup d'investisseurs jugent avantageux.

La concentration du risque

Le confort apparent cache une réalité : en contribution au risque, les actions apportent environ 96% de la volatilité du portefeuille. Un 60/40 n'est équilibré qu'en capital ; en risque, il reste un portefeuille d'actions légèrement amorti. C'est le constat qui a donné naissance aux approches de parité du risque.

L'année 2022

L'argument central du 60/40 — les obligations montent quand les actions baissent — a échoué en 2022. L'inflation et la remontée rapide des taux ont fait baisser les deux classes simultanément : actions mondiales et obligations d'État ont perdu à deux chiffres la même année, l'une des pires performances du 60/40 depuis un siècle.

La leçon n'est pas que la diversification obligataire est morte, mais que la corrélation entre actions et obligations dépend du régime économique. Quand le choc vient de l'inflation, les deux classes souffrent ensemble ; quand il vient de la croissance, les obligations protègent.

Comment l'adapter

  • Ajuster le curseur à l'horizon. 80/20 pour un horizon long, 40/60 à l'approche d'un besoin de capital. Le 60/40 n'est qu'un point sur un continuum.
  • La duration compte. Des obligations longues protègent mieux d'un choc de croissance et souffrent bien plus d'un choc de taux ; des obligations courtes font l'inverse.
  • Ajouter d'autres sources de diversification — obligations indexées sur l'inflation, or, immobilier coté — pour les régimes où actions et obligations baissent ensemble.
  • Le principe compte plus que les chiffres. Une allocation explicite, tenue et rééquilibrée vaut mieux qu'une allocation optimale théorique abandonnée au premier krach.

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